Ce que vous ne savez sûrement pas sur Maddy, Julia et Roger

Pendant le confinement, nous vous avons partagé un témoignage, un récit, une confidence de volontaire par semaine. Le confinement touche à sa fin. Comment conclure en beauté cette saga ? En parlant de personnes qui sont chères aux volontaires, des personnes en coulisses. Roger, Maddy, Julia, tous trois permanents au CJD, ont une histoire particulière qu’on vous dévoile aujourd’hui !

Roger, Julia, Maddy, mais encore, pourquoi parle-t-on de vous aujourd’hui ? Qu’est-ce qui vous relie ? Qu’avez-vous en commun ?

Maddy : nous sommes beaux, drôles, intelligents et particulièrement modestes… Non ?! Ou alors serait-ce le fait que nous ayons tous les trois étés volontaires au CJD avant de devenir permanents ?

 

De volontaires à permanents

Racontez, nous votre parcours. Comment avez-vous atterri au CJD ?

Julia : Pour moi, tout a commencé en septembre 2016. Facebook avait bien compris mes intérêts et envies et je voyais passer de plus en plus d’activités proposées par le CJD. Une « séance informative sur le droit des étrangers en Belgique » – chouette, je m’y inscris ! Ce jour-là, j’ai eu la chance de tomber sur Catherine, ancienne volontaire et membre du CA du CJD. Elle me parlait de la formation « Deviens animateur/animatrice MENA », qu’elle donnait avec d’autres volontaires. Là, il n’y avait plus aucune question pour moi : « super, on se revoit très bientôt » ! 

Maddy : En septembre 2017, je quittais Paris pour rejoindre mon amoureux Belge à Bruxelles. Je cherchais donc un emploi pour me permettre de payer mes cornets de frites et mes gaufres. Une connaissance m’a alors envoyé l’offre pour le poste de chargé de projet pour Migration, au-delà des préjugés. J’ai tout de suite eu un énorme coup de cœur pour le projet et pour le CJD. J’avais l’impression d’avoir trouvé le poste de mes rêves ! Sans surprise, je n’ai pas été sélectionnée (sans regret, car Fariha est parfaite pour ce poste !), mais j’étais tellement fan du CJD, de sa thématique et de ses projets que j’ai demandé à y devenir volontaire.

J’ai rejoint les projets Langageons-nous et Animation coopérative. 

Roger :  Je suis arrivé au CJD par hasard, mais certains diront qu’il n’y pas de hasard dans la vie et que des rendez-vous. Je travaillais dans le secteur de l’intégration des personnes d’origine étrangère et nous voulions travailler sur le thème de l’interculturalité. C’est à ce moment que j’ai vu sur Facebook qu’un de mes amis, Fleury, était volontaire dans une Organisation de Jeunesse (je ne savais pas ce que c’était à l’époque) et que cette OJ travaillait sur l’interculturalité, les Migrants de Calais, le Rwanda… Je suis Rwandais, migrant et « interculturel » donc je m’y suis reconnu. On était en février 2016. J’ai fait un entretien d’accueil avec Juliette, ancienne permanente. Puis une formation “Deviens animateur MENA”.

Qu’est-ce qui vous a plu ?

Maddy : Tout ! Mais avant tout : la thématique, l’interculturalité ! Ça a été le principal sujet de mes études et ça m’a toujours passionné. Je ne pensais pas un jour trouver une association qui travaille dessus. Ensuite, j’ai été séduite par l’ensemble des projets et par le fonctionnement de l’association. Le fait que ce soient les jeunes eux-mêmes qui portent et décident de leur projet, je trouvais ça vraiment très chouette. L’ambiance aussi ! Tout le monde est super accueillant, bienveillant et sympa au CJD ! 

Roger : L’aspect “jeune” et “interculturel”. Je me rappelle que j’étais impressionné par le fait que le CJD arrive à réunir des jeunes de tout horizon pour mettre de l’interculturalité dans notre société si multiculturelle.

Julia, te souviens-tu de ta première réunion ?

Julia : Ah ouiiii je m’en souviens très bien. RDV au Exquis, De Brouckère, pour préparer une animation coopérative au centre Fedasil Woluwe. Une petite blonde avec un grand sourire (devinez qui c’est) m’accueille avec 3 autres volontaires. Tout de suite s’installe une ambiance détendue et chaleureuse. On discute, on échange et après 30 minutes nous avons construit tout un plan pour l’animation ainsi une relation de confiance entre nous qui donnait encore plus envie d’être déjà le jour j 😊

Passer de volontaire à permanents, ça fait quoi ?

Roger : Étant un ancien du CA, je dirais que c’est le changement de casquette qui marque. Au début, ce n’est pas simple, mais on trouve son équilibre.

Maddy : c’est un peu bizarre au début. Il faut un temps d’adaptation, car les permanents en charge de tes projets deviennent tes collègues, tu deviens un permanent, tu quittes l’équipe des volontaires…. Même s’il n’y a pas vraiment de hiérarchie entre permanents et volontaires, ça fait quand même du changement et il faut trouver sa juste place dans tout ça. Mais, j’y vois surtout des avantages : trouver un travail qui a du sens et qui correspond à mes valeurs, avoir des collègues en or (<3), avoir un cadre de travail agréable, rencontrer des gens géniaux, pouvoir goûter les pâtisseries de Roger….

Qu’est-ce qui te manque le plus ?

Maddy : Ne plus faire les choses moi-même. Être permanent c’est accompagner les volontaires dans la réalisation de leur projet, mais ne pas porter le projet soi-même. Ce qui est souvent frustrant, car j’ai envie de mettre la main à la pâte, de m’investir plus dans les projets, de faire les animations moi-même…

L’envers du décor.

Être permanents au CJD, c’est …

Roger : Particulier. C’est un cadre de travail unique. Je pense qu’il n’y a pas beaucoup d’associations qui ont autant à cœur d’être cohérentes entre ce qu’ils disent et ce qu’ils font. La pédagogie active qu’on prône avec les volontaires se vit également dans le travail. Peut-être parce que c’est ma première expérience professionnelle avec des collègues, mais j’ai vraiment l’impression qu’on travaille dans une logique CRACS – citoyen, responsable, actif, critique et solidaire – entre permanents et c’est plutôt cool. C’est un travail qui a du sens et qui est passionnant. Jour après jour, je deviens un peu plus CRACS moi-même.

Est-ce que le CJD a changé depuis votre arrivée ?

Julia : Oui, je vois pas mal de changement depuis mon arrivée. Déjà au sein de l’équipe, du CA. Plein de nouvelles personnes sont venues et parties avec à chaque fois une nouvelle énergie, de nouvelles découvertes et une nouvelle dynamique.
Aussi pour ce qui concerne notre travail en équipe. Nous avons beaucoup amélioré nos outils, la gestion et l’accompagnement de nos volontaires, la transversalité des projets, la gouvernance, toujours avec l’objectif de dynamiser et d’améliorer l’accompagnement des projets et des volontaires ainsi que la vie quotidienne de l’ASBL.

Et je pourrais encore parler des mille autres choses (peut-être pas exactement mille, mais presque). Juste pour dire : OUI plein de nouveautés au CJD dans ces derniers 4 ans ! On ne s’ennuie jamais. (sourire)

Ce que les volontaires ne savent pas à propos du CJD ?

Julia : Peut-être tout le travail administratif et stratégique. La situation dans l’associatif n’est pas toujours évidente. Mais cela nous permet également de constamment nous remettre en question, évaluer notre travail, réfléchir, oser des pistes innovantes et diriger le bateau vers de nouvelles aventures.
Les volontaires membres de notre AG et CA en font partie et construisent ce travail avec nous. MERCI 😉

Roger : Le cadre administratif et législatif auquel le CJD doit répondre. Au sommet de l’iceberg, il y a les activités et les projets, mais il y a derrière un travail administratif auquel on ne peut pas échapper. Et je pense notamment que le travail du CA, de Florence et de Candice doit être salué, car c’est du travail de l’ombre qui n’est pas forcément connu des volontaires.

Des permanents qui y croient dur comme fer

Votre plus grande fierté en tant que permanent ?

Julia : Je ne peux pas me réduire à un moment précis, mais ce sont principalement les retours des volontaires concernant leur expérience et vécus chez nous qui m’ont chauffé le cœur. « C’était la première fois que j’ai osé parler autant en public ! », « On ne me juge pas, je peux toujours revenir, malgré mon fonctionnement ! » « J’ai découvert ma passion pour l’animation, je veux devenir animatrice ! », « J’ai ma place ici, je me sens accepté et reconnu par les autres ! »
Et parmi ces témoignages, le mien : « La langue qui quelquefois constituait un obstacle, qui me privait de l’accès à des boulots, de suivre certaines conversations, d’exprimer des contenus complexes, des sentiments. Ici, cela n’a plus d’importance ! »

Roger : Réussir à gérer mon agenda (rire). Plus sérieusement, je dirais que c’est d’avoir réussi à m’intégrer à une équipe avec les différentes casquettes que je porte ou que j’ai portées : CA du CJD et aujourd’hui permanent et président du CJC, notre fédération.

 

Qu’est-ce que vous préférez dans votre travail ?

Maddy : la raison d’être de l’association. « Favoriser l’interculturalité et le vivre-ensemble », c’est juste trop beau ! Me lever le matin en sachant que je contribue à ça, c’est vraiment ce qui me plait le plus !

Roger : La confiance qui est donnée à chacun et chacune dans son travail. Et il y a un petit côté famille au CJD qui fait que le travail, ce n’est pas vraiment que du travail.

Je ne me lève jamais avec les pieds de plombs en me disant « vivement que journée passe » … La preuve : je n’ai pas vu passer ces deux années passées au CJD. Le temps, les journées et les semaines filent à toute allure. C’est d’ailleurs ce rythme assez frénétique passé en compagnie de mes collègues et des volontaires qui me manque aussi en confinement. Même les réunions qui finissent à 22h00 me manquent (rire).

 

Et vous Julia et Maddy, qu’est-ce qui vous manque le plus en cette période de confinement ? 

 

Maddy : De voir le CJD vivre tout simplement. J’adore quand il est rempli des allées et venues des volontaires, des réunions, des entretiens d’accueil… Toute cette dynamique me manque !

Julia : Moi ce sont les pauses de midi au soleil avec l’équipe, les réunions et activités avec les volontaires ! La vie chaleureuse dans notre bureau !

 

Dernière confidence pour la fin

Nos collègues ne voulaient pas spécialement être mis sous les feux des projecteurs avec un article qui leur est spécialement consacré. Ils nous expliquent pourquoi …

Maddy : c’est gênant d’être mis en valeur quand on n’est pas un super héros. Les super héros du CJD ce sont les volontaires, ceux qui donnent de leur temps et de leur énergie pour monter de super projets. En tant que permanent, on est juste les petites mains pour les aider à concrétiser tout ça. Les vraies stars ce sont eux !

Julia : Comme Maddy, je suis toujours un peu mal à l’aise quand je suis mise en avant. Maintenant, cet entretien m’a fait passer en revue tous ces beaux souvenirs des quatre dernières années (waouh déjà quatre …) !
Chère chargée de com, ne t’arrête pas ici, il y en a tellement des chouettes histoires à raconter dans la grande famille CJD ! On veut en lire plus !